Stage 5-6/05/2018

Horaires et disciplines

Samedi 5 mai

  • 10h-11h30
  • 11h45-13h15
  • 14h-15h30

Dimanche 6 mai

  • 10h-11h30
  • 11h45-13h15
  • 14h-15h30

Lieu

Dojo de Saint-Brice

Équipement

  • Tenue d’Aïkido, de Judo, ou autres tenues de sport sobres et simples
  • Bâton (jo), sabre en bois (bokken), coureau en bois (tanto) ou caoutchouc

Coût

  • Stage total 40€
  • 1 journée 25€

Réservation

Clôture des inscriptions 26/05/2018

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Ne variatur

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 20e partie

Noro Masamichi senseï nous raconte son voyage à Iwama, là où son maître possède un dojo à la campagne. Ce dernier y vient depuis la guerre, quand il a pris ses distances avec l’épopée militariste et suicidaire des généraux japonais pendant le Seconde Guerre Mondiale.


Aïkido au dojo d’Iwama

Saïto Morihiro senseï, particulièrement à partir de 6’40 »

Il nous dit comment Saïto senseï ne lui a pas donné la baffe qu’il réserve aux uchi deshis de Tokyo, quand ces citadins pleins de superbe débarquent au dojo des champs. Il en est fier et le présente comme une marque de considération de la part de son aîné, du sempaï, une presque reconnaissance.

D’ailleurs, il aimait à rappeler sa bonne entente avec Shioda Gozo senseï, le terrible maître qui a débuté avant-guerre et qui est resté célèbre dans tout le Japon pour son énergie et sa force. Sur le même registre, il nous racontait comment sur le bateau qui le menait en Europe, il se fit respecter de l’équipage en acceptant le défi au bras de fer dans sa variante japonaise et en brisant le doigt du plus puissant matelot. Il aimait se remémorer le programme d’exercices qu’il s’était concocté pour accroître sa force. Il n’était pas devenu Otomo en étant faible. Il nous le faisait bien comprendre.

Noro Masamichi senseï au jo (bâton)

Alors qu’il est à Iwama, au dojo des rizières, parmi les vergers et les potagers, il s’entraîne au jo, prenant comme cible de ses tsuki (estoc) les bambous tout proches. Il s’astreint pendant des heures à travailler la précision et la puissance, le souffle et l’intention, le passage d’une posture à la suivante, dans la fluidité, la stabilité comme source de l’impulsion.

Tamura Nobuyoshi senseï

De retour à Tokyo, quand il retrouve Tamura senseï, il prend son jo et se met en garde face à lui. Tamura senseï était redoutable au bokken (sabre en bois). Il l’emportait toujours sur Noro senseï. Cette fois-ci, Noro senseï se dit que cela allait peut-être changer. Il a mis du ki dans ses mouvements. Devant les bambous, il a répété inlassablement la projection d’énergie, cette intention soutenue par le souffle, cette mise à disposition du corps pour l’expression de l’énergie telle que la lui faisait sentir son maître. Noro senseï tient son jo, Tamura senseï un bokken, tous deux immobiles. Soudain, les deux avancent dans un même mouvement, deux gestes fulgurants. Cette fois, le jo a touché, frappant l’arcade sourcilière. La leçon des bambous a tenu sa promesse, le progrès est éclatant. Noro senseï a vaincu. Noro senseï nous disait alors : « Parfois, Tamura porte sa main à son arcade, pris soudainement par un léger mal de tête. Je me demande si Tamura se souvient que je suis à l’origine de cela. »

Un jour, alors que tous deux séjournent à Iwama, loin de l’agitation de Tokyo, Ueshiba senseï maître dit à Noro de prendre son jo et de s’entrainer. Le maître est assis à observer son disciple qui s’empresse de montrer sa diligence à l’étude. Je l’imagine faire Tsuki, Yokomen et Gyaku Yokomen puis recommencer. Il nous faisait répéter cette séquence si souvent que je me demandais si ce n’est pas cet enchaînement qu’il fit ce jour-là et tant de fois par la suite. Il a commencé tôt et maintenant il fait bien chaud et le soleil est au plus haut dans le ciel. Ueshiba senseï est assis plus loin à l’ombre près de la maison. Il ne bouge pas. Noro senseï continue. Il est fort et fier de sa force. L’ombre d’une fatigue s’allonge sur le passage des heures. Il continue tant que son maître ne lui dit pas d’arrêter. Il se tourne vers la maison voir si son maître ne lui fait pas un signe, si même il regarde vers lui. Ueshiba senseï reste de marbre. Malgré toute la volonté du jeune maître, il ne peut faire plus. Épuisé, il tombe à genoux. Il se traîne vers son maître et le découvre profondément assoupi. Il le réveille délicatement et lui dit qu’il ne peut aller plus loin. Étonné de sa sieste qui a trop duré, le vieux maître s’excuse et rentre se rafraîchir après avoir dit à son jeune élève d’aller se reposer un peu.

C’est ainsi que Noro senseï a parcouru le chemin tracé par son maître Ueshiba Moriheï senseï. Il a fait montre d’opiniâtreté au cœur des épreuves qu’il rencontra par la suite en terres lointaines. Il a été fidèle à cette éducation martiale. Il a tenu à transmettre à ses élèves les histoires d’un temps révolu quand il était jeune et que son maître prenait soin de l’instruire au mieux. Sa fidélité au jeune maître qu’il fut l’a animé jusqu’au terme de sa vie. Noro senseï a certainement évolué. Je dirais qu’il a évolué autour de son maître et de son enseignement comme le forgeron tourne autour de son foyer incandescent, activant le soufflet puissant. Sa constance réfute l’idée même d’un abandon de la Voie. Elle nous parle d’une volonté de rejoindre son maître. Son art fut un constant retour vers son senseï, Ueshiba Moriheï senseï.

Je le vois encore, ce jour où j’ai rendu un dernier hommage à son esprit, devant sa dépouille, disposée dans son dojo pour que ses élèves puissent recueillir une ultime leçon, maintenant silencieuse, sous la photo de son maître.

La suite : Fondamental, parution 28/11/2017

Retour vers liste des parties

J’adresse mes remerciements à celles et ceux qui ont mis en ligne ces vidéos. Elles permettent un partage avec les personnes qui n’ont pas connu ces nombreux maîtres venus enseigner en France ou ailleurs, qui n’ont pas vécu telle ou telle période de leur enseignement.

Un japonais classique

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 15e partie

Cet été, je passais de la peinture sur les poutres, dans les Pyrénées où nous avons un dojo. J’écoutais un cours d’Anne Cheng, retransmis par le site du Collège de France, dont le thème était le Da Xue, la Grande Étude, attribué à Confucius quand je m’arrêtais stupéfait.  Le texte recommandait d’étudier extensivement, de tout connaître afin de comprendre en proportion, chaque partie en rapport avec le tout, chaque partie ajustée à toutes les autres.

欲誠其意者先致其知。

Wanting to make their wills sincere, they first extended their knowledge.

Désirant produire une volonté qui soit sincère, ils étendirent en premier leurs connaissances extensivement.

Je comprenais soudainement que ce que je pensais être ma propre pensée n’était en fin de compte qu’une conformation à une attitude extrême-orientale au savoir qui venait de l’horizon le plus classique qui soit. Puis je repassais la conférence avec plus d’attention et entendis ceci :

物有本末、事有終始。知所先後則近道矣。

Things have their roots and branches, affairs have their end and beginning. When you know what comes first and what comes last, then you are near the Way.

Les choses ont leurs racines et leurs branches, les affaires possèdent une fin et un commencement. Quand vous percevez ce qui arrive premier et ce qui vient en dernier, alors vous approchez de la Voie-Manière.

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Hors du lit

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 15e partie

J’ai toujours senti que Noro senseï reprenait à son compte la question fondamentale : Que vaut une victoire fondée sur l’argument de force si celle-ci n’est pas secondée par une adhésion éclairée ? Que signifie vaincre sans convaincre ? Le déchaînement de violence peut-il être justifié par une victoire éphémère ? Comment œuvrer dans la durée dans l’urgence du combat ?

Toutes ces interrogations se résument à une même question. Un État ne peut s’engager dans une action qui met en péril son existence sans s’assurer de la pérennité du résultat. Il ne peut confier sa fortune au hasard. L’homme responsable agit pareillement. Il lui faut trouver en son ennemi son meilleur soutien. Pour cela, le combat est un processus de connaissance mutuelle où chaque adversaire se met à nu et saisit l’Autre au cœur. Se connaissant, ils se comprennent. Lire la suite

Mieux comprendre son maître

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 1ère partie

Ceci est l’Aïkido que Noro Masamichi senseï connut à ses débuts et qui l’enthousiasma au point qu’il y consacra sa vie. Au moment de ce film, il était depuis plus d’un an uchi deshi, élève interne, du fondateur de l’Aïkido, Ueshiba Morihei senseï.

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Reprise de cours 14/09

Bonjour,

Les cours reprennent dans nos dojos de Vincennes, Saint-Brice sous Forêt dès le 14/09.

A très bientôt

Ringenkaï Aïkido, présentation

Présentation du Ringenkaï Aïkido lors du Gala des Arts martiaux de Saint-Brice 2017.

Le texte a servi de base au présentateur Olivier Di Mascio, DJ et élève de Maître Badang. Il l’a allégé et adapté à ce qui se passait sur le tatami. Merci à lui pour sa clarté et la pertinence de ses interventions.

Merci aussi à mes élèves pour la sincérité de leur engagement.

En 2016, Nguyen senseï a créé son école d’Aïkido 3 ans après le décès de son maître Noro Masamichi senseï, survenue en 2013. En 2017, Nguyen senseï a ouvert une section à Saint-Brice pour partager avec les Saint-Briciens et les Saint-Briciennes la richesse d’un art magnifique, un art martial fait de souplesse, de respiration et de postures.

Nguyen senseï a appris son art auprès d’un des plus grands maîtres d’Aïkido. Noro Masamichi senseï a été l’élève proche du fondateur de l’Aïkido, Ueshiba senseï. Entre le fondateur et Nguyen senseï, on ne compte qu’une seule génération. Notre école est fière de tenir son enseignement du fondateur en une ligne si directe. Cette proximité avec les maîtres dit toute la valeur d’un enseignement qui se veut avant tout fidèle, fidèle dans la forme, fidèle dans l’esprit, fidèle jusque dans sa direction.

La liberté de mouvement est appuyé sur la posture.
La posture est libérée par la fluidité du souffle.
La fluidité du souffle est soutenue par l’intention martiale.
L’intention martiale est guidée par le sentiment de compassion.
Le sentiment de compassion est inspiré par l’exemple du maître.

Le Ringenkaï Aïkido tient à tout préserver de l’enseignement reçu. Les techniques sont si nombreuses qu’il faut 10 ans pour les étudier toutes, 5 ans pour les assidus qui pratiquent chaque jour, 10 ans pour le pratiquant moyen et régulier. C’est beaucoup mais c’est peu pour celui ou celle qui ambitionne la maîtrise du corps et de l’esprit. Le Ringenkaï Aïkido déploie un enseignement vaste et profond. C’est ainsi que Nguyen senseï l’a recueilli auprès de son maître.

Nous étudions toutes les hauteurs, toutes les distances, tous les angles. Nous le faisons mains nues, avec le bâton, le sabre, et quelques autres armes.

La paix du corps vient d’un travail régulier et d’une discipline personnelle.
La paix de l’esprit vient d’une connaissance de l’action. Le pratiquant devient apte à réagir à propos, avec justesse et justice.

Jour après jour, dans l’effort même, le bien-être progresse. L’exercice répété répond aux doutes et aux questions.

Le maître marche devant, exemple pour ceux qui suivent le chemin qu’il a lui-même parcouru auparavant. Le maître est un guide sûr. Plus jeune, il a lui-même effectué ce même parcours sous le regard de son propre maître, soumis à son examen sans faiblesse, guidé par son soutien sans faille. Il est appelé à l’excellence, il est récompensé par l’humilité.

L’élève assidu prend confiance en lui-même quand il découvre ses propres progrès. De réussite en réussite, il construit un accès à la Voie des Arts martiaux, avec au cœur, la gratitude pour ses maîtres et ses aînés.

Noro Masamichi senseï a été un des plus grands maîtres mondiaux. Il était le leader pour l’Europe et l’Afrique. Il a formé les premières générations d’Aïkidokas en France. Nguyen senseï a rencontré Noro senseï en 1980. Nguyen senseï a recueilli l’enseignement de ses dernières années, sa dernière floraison.

Soyez les bienvenu(e)s pour partager cette aventure avec nous !

Nouvelle page de témoignages !

Nous donnons la parole aux parents d’élèves et aux élèves !

Découvrez leur ressenti et n’hésitez pas à apporter votre témoignage en m’envoyant un texte. Lire la suite

le nouvel ancien

Jardin japonais Albert KahnNguyen Thanh Thiên senseï. Photographie Antonin Borgeaud © 2008

La création de mon école répond à mon intérêt pour la Voie ancienne que j’exprime selon ma compréhension du jour. L’enseignement est donc éclairé chaque jour par une lumière nouvelle.

Shiho Nage est toujours Shiho Nage. Pourtant, Shiho Nage exécuté aujourd’hui est nouveau, il n’a jamais été réalisé ainsi.

Eclairer avec la lumière du jour ce qui est de toujours.

Le Shiho Nage que je fais est celui que me fit mon maître. Il est celui qu’il a déposé en moi. Je le porte dans mes gestes. Il faut maintenant que je le fasse vivre tous les jours et que mes élèves viennent le cueillir.

Une nouvelle école, c’est reprendre l’énergie d’un 1er jour, celui que je connus en pénétrant dans un dojo la première fois, celui du 1er jour de Noro Masamichi senseï arrivant en France, celui d’Ueshiba Moriheï senseï devant Takeda Sokaku senseï.

Une nouvelle école, c’est une nouvelle fois l’ancien geste rejoué dans notre génération.