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Reprise de cours 14/09

Bonjour,

Les cours reprennent dans nos dojos de Vincennes, Saint-Brice sous Forêt dès le 14/09.

A très bientôt

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Mieux comprendre son maître

Ceci est l’Aïkido que Noro Masamichi senseï connut à ses débuts et qui l’enthousiasma au point qu’il y consacra sa vie. Au moment de ce film, il était depuis plus d’un an uchi deshi, élève interne, du fondateur de l’Aïkido, Ueshiba Morihei senseï.

Pour ce second film, nous le voyons déployer un Aïkido flamboyant, apte à ravir les élèves anglais parmi lesquels Henry Ellis, adepte d’une forme dure et dynamique. Déjà, nous le voyons évoluer aux contact de ses élèves européens et se faire une place unique. Les Anglais le nommèrent la « Tornade blanche ».

Pour ce troisième film, Noro Masamichi senseï se fait pédagogue. Il insiste sur le travail du hara, du ventre énergétique. Il démontre des postures fortes et basses. Ses déplacements sont encore très japonais et on peut y voir un ashi waza partagé avec l’école d’étiquette Ogasawara.

Le quatrième court métrage avec Daniel Toutain nous révèle une prise de conscience de la beauté de l’Aïkido, de la grâce qui s’en dégage. Noro senseï comprend qu’il peut émouvoir le public de ses élèves comme lui-même fut ému devant la première vision de son maître. La force dynamique n’a pas encore été sacrifiée.

Ce cinquième court métrage avec la garde de « nouveaux anciens élèves » est à mon sens extraordinaire. Il montre une coupure avec l’avant au point de mettre mal à l’aise ses anciens élèves qui ne reconnaissent plus la forme et l’énergie de leur maître. Pareillement, ses nouveaux élèves se montrèrent allergiques à l’ancien Noro, celui qui fut nommé la « Tornade blanche ».

Il est dans la norme que le maître ne soit pas compris par ses élèves. Il est évident que le disciple doit encore parcourir un grand chemin pour saisir l’esprit de son maître. Le public étranger à cet art exotique ne perçoit pas facilement la logique du cheminement de ce maître. D’ailleurs, les pratiquants d’Aïkido eux-mêmes sont perplexes devant cette évolution. Pour ma part, j’ai toujours été tenté par la compréhension. Je crois à l’unité de sa démarche, à la fidélité à l’enseignement reçu. Noro senseï a évolué librement, souvent malgré ses élèves, à la marge de la communauté des experts japonais d’Aïkido dont il fut pourtant un des chefs.

Aujourd’hui, je me suis décidé à tenter une explication, au moins un examen de cette aventure qui mena Noro senseï de disciple servant du fondateur de l’Aïkido à Représentant en Chef pour l’Europe et l’Afrique, du maître adulé au maître oublié, d’une pratique flamboyante et rugueuse à une manière de danse d’énergie ondulante nourrie de sourires. L’exercice est malaisé, semé d’embûches, et pourtant si nécessaire à moins de s’aveugler sur les contradictions qui traversèrent la vie du maître. Toutefois, je rappelle que le maître doit garder son secret, il n’est pas bon de l’exposer au regard voyeur de ceux qui sont prêts à rire sans comprendre. Je souhaite rendre hommage à un parcours que je crois profondément logique, fidèle à lui-même, pleins de passions, de trahisons et de soutiens indéfectibles.

Ce que je pose comme première constatation est que Noro senseï fut libre au point de se retrouver parfois seul, n’ayant en tête que son devoir de transmettre l’art de l’Aïkido, fidèlement à ce qu’il avait vécu avec son maître.

D’ailleurs, qui vécut comme lui le rôle de disciple servant, Otomo ? Qui d’autre que lui ? Que nous a-t-il transmis sinon sa vision d’Otomo ? N’est-il pas inévitable que nombre de ses admirateurs, de ses contradicteurs et de ses élèves ne puissent accepter ce qu’il leur dévoila ? Pour Noro senseï, n’y a-t-il pas un seul plan, filmé en continu, qui va de sa 1ère rencontre jusqu’au moment où ses yeux se fermèrent une dernière fois ? N’est-ce pas l’ignorant, qui, par manque d’imagination, découpe en plans multiples ce qui, pour Noro senseï, ne fut qu’une passionnante aventure vécue comme un rêve continu ?

Si ce projet de relecture m’intéresse, c’est parce que je cherche la Voie du Milieu qui unit et dépasse les oppositions. Mon étude, mon école, mon enseignement sont fondés sur le sentiment que Noro senseï nous a quitté avant d’avoir réalisé l’œuvre à laquelle il aspirait. Malade, il n’a pu guider ses élèves vers un effort de synthèse où les tempéraments « yang » se seraient entendus avec les esprits « yin ». La synthèse vers laquelle je tends ne renonce ni à la force ni à la souplesse, ni à la confrontation ni à l’apaisement. Par ce travail sur son parcours, je souhaite que le lecteur prenne la mesure d’un maître hors norme, Noro Masamichi senseï.

Do contre jo, jo avec do

Dans « dojo », il y a une contradiction qu’il faut dépasser, do voie et jo maison, entre manière éphémère d’un maître et style persistant d’une école. Il se crée alors une dialecte féconde entre ces opposés, un dépassement incessant devant la limite, un retour sans fin vers l’origine.

Uke no Kata

Ceci est un aide-mémoire. Le Ringenkaï Aïkido est en cours de création. Nous vivons une période unique dans l’histoire de notre art. J’ai connu ces phases de bouillonnement créatif avec différents maîtres et cela a toujours été des moments uniques, formidables, pleins de découvertes, continuellement. Ces formes sont éphémères car elles sont autant de réponses à une question sans cesse répétée. Cependant, toutes changeantes qu’elles puissent être, elles sont la vérité d’un instant.

Rendez-vous avec des hommes d’exception

DSC_1840 - Copie (4)Nguyen Thanh Thien étudie le Iaï de Noro Masamichi senseï. Photographie de Nguyen Thanh Khiet ©2017

Nous reprenons l’étude du Iaï de Noro Masamichi senseï, chaque dernier jeudi et vendredi du mois, respectivement à Saint-Brice et à Vincennes. Prenez vos Iaïto, sabres d’exercice, et vos bokkens ce soir-là.

Ces techniques ont une histoire singulière.

Lorsque Noro senseï est arrivé en France, en 1961, il est un pionnier. À sa suite, il accueillera Tamura senseï et Nakazono senseï. Il soutiendra Asaï senseï qui s’établit en Allemagne et conseillera Sugano senseï. Il se faisait un devoir d’être un pilier de la communauté japonaise à Paris, recevant les experts japonais et leur faisant découvrir Paris. De ces rencontres et des échanges entre experts et maîtres, il a gardé des traces dans son enseignement. Il me parla parfois de ce qu’il apporta à l’Aïkido de Mochizuki senseï et ce que lui montra celui-ci en retour sur l’art du sabre, notamment sur le Iaï du Katori Shinto Ryu. Il reçut aussi des techniques d’autres écoles de sabre. Il disait : « Mon ami m’a montré ceci. » J’aime savoir que lorsque j’étudie de le sabre de Noro senseï, je visite les vestiges d’une amitié.

Il savait aussi choisir son chemin. D’un autre maître qui avait coupé en 2 une allumette dans le sens de la longueur, avec une grande rapidité et une extrême précision, il s’étonnait : « Mais pourquoi ne l’a-t-il pas fait en utilisant le ki ?!!! »

Parlant d’un autre expert, il racontait que son école ancienne gardait la chambre de l’empereur. Les pratiquants de ce style pouvait passer une nuit sans bouger de la position assise et dégainer en une fraction de seconde. Il ne nous charmait pas avec une anecdote, il transmettait un état d’esprit, le lien étroit entre deux opposés, immobilité et mobilité.

Une fois par mois, prenons rendez-vous avec des hommes d’exception.

Stage Ringenkaï Aïkido 17/09

DSC_2520Nguyen Thanh Thien au Unjo An, Corrèze, photographie de Nguyen Thanh Khiet © 2017

Le stage de rentrée posera les bases de l’étude de cette saison. Nous travaillerons le passage de l’immobilité à la mobilité, sans perte d’exigence dans la rigueur technique. Une pratique irrégulière ne donne pas de fruit : elle est un frein à la progression des autres, elle est une perte de temps pour chacun. Une pratique régulière est la condition suivie par tous les maîtres, d’hier comme d’aujourd’hui.

Apportez vos jo, bokken et tanken.

Date : 17 septembre 2017
Horaire : 15h30-19h30
Lieu : COSEC 29 rue des 2 piliers
95350 Saint-Brice-sous-Forêt
Page du dojo

Bulletin d’inscription ci-dessous (obligatoire), au moins 48h avant.

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Outrepassant la borne sans jamais quitter le milieu

ecorce_2017.02.23Photographie de Nguyen Thanh Thien ©2017

Nous étudions l’exemple des maîtres car ces derniers enseignaient par l’exemple. Ils donnaient à voir, ensuite il revenait à l’élève de percevoir. Cette manière ancienne est nôtre. Elle est rugueuse comme peut l’être l’écorce d’un vieil arbre, d’une antique tradition. Si la technique est lisse, le chemin qui mène à sa maîtrise est semé d’embûches, d’âpres combats, de blessures innombrables faites avant tout à l’égo. Cependant, l’élève en examinant son maître comprend que la méthode est sure, qu’elle a forgé une chaîne de maîtrise qui nous est parvenue, passant les siècles et leurs guerres. Lire la suite

Le jeu des contraires

2017_5090.DLNguyen Thanh Thien au Gala des Arts martiaux de Saint-Brice, photographie de Didier Lidouren © 2017

Dans notre école d’Aïkido, le Ringenkaï, nous préservons notre équilibre. Chacun demeure fort et, pourtant, il y a un mouvement de l’un appliqué à l’autre. A l’image du Ki, le souffle qui parcourt les tableaux chinois et la calligraphie extrême orientale, l’énergie de chacun se manifeste au moment juste, opportun, sans contrarier l’autre, sans être en retour contrariée. Nous appelons cela le jeu des contraires, quand les contraires jouent de leur polarité.

Nous suivons l’exemple de nos maîtres, qui dirigeaient sans dominer, qui suivaient sans se soumettre. A chaque instant, que l’on soit « puissant ou faible », une ardeur au combat est présente, une joie à dénouer les conflits s’exprime.

 

Stage au 雲上庵 Unjo An

DSC_2588Nguyen Thanh Thien au Unjo An, Corrèze, photographie de Nguyen Thanh Khiet © 2017

Compte rendu par F. L. et Y. P.

Stage de perfectionnement dirigé par Nguyen Thanh Thien senseï

18 – 20 aout 2017

Pratiquer au Dojo 雲上庵 UNJO AN est une expérience différente des pratiques hebdomadaires au dojo de Vincennes et de Saint-Brice sous Forêt. Le stage de 3 jours permet une concentration de l’esprit, un renforcement du travail corporel, un approfondissement très certain de l’étude avec minutie.

Le dojo 雲上庵 UNJO AN,  l’Hermitage au-dessus des Nuages , invite à l’exigence, la sincérité et la simplicité. Son esthétique architecturale sobre et chaleureuse, rigoureuse et vivante nous porte.

La pratique au sein d’un groupe restreint de 4 participants emmenés par Christine Nguyen est une chance, celle d’un Exemple nous offrant une pratique intense et exigeante.

Ces 3 jours ont renforcé notre compréhension de la voie d’étude proposée par notre professeur Nguyen Thanh Thien senseï, nous le remercions pour son approche éminemment pédagogique et synthétique qui nous a permis d’appréhender l’architecture de l’enseignement proposé.

Sous les portraits de Ueshiba senseï, fondateur de l’Aïkido et de Noro senseï, un de ses plus proches élèves dont notre professeur Philippe Nguyen senseï fut l’élève, nous avons perçu en pratiquant ce qu’est la voie proposée par le Ringenkaï  Aïkido:  une synthèse « conciliatrice » et « élévatrice » de 40 ans de pratique, de recherche et d’échanges de notre professeur Nguyen Thanh Thien  senseï accompagné par Christine Nguyen.

Nous avons à notre tour synthétisé avec nos mots notre compréhension à ce stade. Lire la suite

Retour au dojo

20170713_093235Photographie de Corine B. ©2017

La rentrée des classes est un moment dont nous gardons tous des souvenirs. Regrets d’un temps estival où les courses nous entraînaient à travers bois et prés, quand les goûters marquaient l’arrivée d’une soirée s’ouvrant sur une nuit pleine de nouveaux mystères, lorsque la discipline des vacances exige de nous de n’avoir gâché aucune heure, les sentiments, qui nous tiennent dès septembre venu, sont bien ceux d’une nostalgie sur un temps suspendu, entre deux quotidiens qui bordent et restreignent l’émerveillement, ce commencement magnifique qui ouvre la leçon.

Septembre est aussi celui d’un retour à la classe, de retrouvailles en série de camarades et d’enseignants. Pour l’adulte, il est ce moment quand, en fin de journée, nos pas prennent le chemin du dojo et que notre attitude se redresse. La leçon du maître revit au moment où la discipline revient, lorsque l’élève noue sa ceinture et affermit sa détermination. Au loin, à son retour du Kaze no Tani Kan, la Maison de la Vallée des Vents, il revit le grand air des sommets qu’il a côtoyés, le vent qui balayait les vagues des lacs, l’ombre bienvenue des pins quand le soleil se fait trop intense. Pour un enseignement plus avancé, certains ont accompli les stages de perfectionnement au Unjo An, l’Ermitage au-dessus des Nuages, dans une concentration et un calme qui renforcent l’unité dans l’action. Plein de cette énergie amassée aux flancs des montagnes et fort d’un retour vers une plus grande intériorité, pour chacune de nos deux disciplines, Hyoho Niten Ichi Ryu, le kenjutsu de Musashi, et le Ringenkaï Aïkido,  l’élève se présente au dojo en septembre d’un allant renforcé pour une saison nouvelle.

Cette année, nous avançons. Cette progression est à la fois chemin et manière, celle de notre école, nôtre particulièrement. Elle est tao, do en japonais, littéralement voie et manière. Le sabre, chez nous, marche de pair avec la main nue, Hyoho Niten Ichi Ryu, le kenjutsu de Musashi, et le Ringenkaï Aïkido, la ligne droite se prolongeant dans la courbe, main dans la main. Au programme de l’année, j’aperçois une attention aux équilibres, aux fondamentaux, à ces exigences qui libèrent notre énergie. Plus encore, plus loin, je déroule le rouleau de la leçon, celle de mes maîtres, Iwami Toshio soke et Noro Masamichi senseï. A chaque détail, je retrouve la technique du maître accolée à sa manière, l’une fondant l’autre. En tant que leur élève, je me remémore et je transmets. En tant qu’enseignant, j’enseigne et je me souviens.

Avec plaisir, nous nous retrouverons très bientôt.