Soirée mensuelle Aïkido Ringenkaï

Cours  Hyoho Niten Ichi Ryu
Vendredi* 20h15-21h15 (3/mois)
Cours Ringenkaï Aïkido
Vendredi* 21h30-23h (1/mois 20h15-23h)
Samedi 12h-13h

1 fois par mois, le cours de kenjutsu de 20h15 à 21h15 sera remplacé par une soirée d’Aïkido Ringenkaï de 20h15 à 23h : 28/09, 19/10, 30/11, 21/12, 25/01, 22/02, 29/03, 19/04, 31/05, 28/06.

Suivez attentivement les informations qui vous sont communiquées en cours.

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2018/2019 et suite

Les inscriptions sont ouvertes pour la saison 2018/2019 !

Nous avançons dans le déroulement de l’enseignement au programme de la Ringenkaï, l’école de l’Oeil de la Roue, notre école, mon école.

Pour les adolescents et pré-adolescents, nous étudierons le kata de bâton et les 10 techniques fondamentales de l’Aïkido Ringenkaï.

Pour les cours adultes, nous déploierons l’étude sur les 7 prochaines années :

2018/2019 : le tissage de liens entre les tao (au sens de manière) et notre tableau périodique ouvert des éléments (111 mouvements)

2019/2020 : les déplacements comme géographie

2020/2021 : les rythmes comme climat

2021/2022 : les armes comme manières

2022/2023 : le toucher comme perception et action

2023/2024 : l’intérieur comme horizon

2024/2025 : ura et omoté

Je vous invite à participer nombreux à ce déploiement d’une étude riche et diversifiée. Le stage de 2 jours que nous venons de faire a conclu une année d’efforts. Joie, fatigue, émerveillement devant la profondeur de notre art ont alternés durant les plus de 10 heures passées dans le dojo !

Les cours continuent jusqu’à fin juin.

 

Annulation cours du samedi 5/05

Les cours du samedi 5/05 sont annulés pour cause de stage d’Aïkido Ringenkaï (adolescents et adultes), voir ce lien.

L’Aïkido Ringenkaï est une école que j’ai créée pour développer ma recherche personnelle, la transmission aux élèves des leçons de mes maîtres et la conservation de leurs enseignements.

Je vous remercie de votre compréhension et je vous retrouve le samedi suivant, 12/05/2018.

 

Stage de Tada shihan

Nous avons saisi l’opportunité de suivre un stage de Tada shishan en avril lors de son passage à Paris. Voir son site.

Je n’ai pu participer que pour un après-midi car j’avais cours et stage pendant ce week-end. Je me présentais au cours du samedi dédié à l’Aïkido.

Ce fut un moment de grande émotion de rencontrer celui qui fut l’ami et le soutien de mon maître, Noro Masamichi senseï, pendant toutes ses années d’enseignement en Europe et en Afrique. Je pouvais revoir les leçons que je reçus de Noro senseï, percevant une fraternité d’armes, un compagnonnage de chercheurs, des stèles vivantes témoignant de l’art d’Ueshiba Moriheï senseï.

Je pus revisiter l’aspect énergétique de l’Aïkido, une étude fine du souffle, un placement profondément ancré dans le flux. Tada shihan fut prodigue en anecdotes qui rendaient plus présente la leçon. Il nous raconta ses années d’enfance quand l’art familiale du tir à l’arc et du cheval le préparait aux futures leçons d’Aïkido. Il nous fit sentir les continuités qui font le chemin des écoles anciennes, koryu, vers la conception de l’Aïkido. Il nous dit les distinctions. Tada shihan fut généreux en clarté d’explication.

Je perçus ce qu’avait été l’Aïkido qui émut tant cette génération de pionniers. Je goûtais à nouveau ce qui m’enchanta en 1980 quand je rencontrais Noro senseï pour la première fois. Je repartis du stage bouillonnant d’une sève vivifiée.

Je remercie Tada shihan pour ce rappel de la hauteur à laquelle notre art évolue. L’organisation d’Emiko et l’aisance de la traduction ajoutèrent au plaisir de ce moment de plénitude de l’art.

Prochain stage de tada shihan : 30 juin au 3 juillet 2018 à Paris

 

 

À la Une

1er Yama Keiko d’Aïkido Ringenkaï

DSC02399Vue au bout du pré, à côté du dojo. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

Le 1er Yama Keiko de l’Aïkido Ringenkaï sera le moment de poser les bases de notre école, sachant que ces 1er pas constitueront les bornes de nos recherches futures. Nous aborderons particulièrement le lien entre mains nues, bokken, jo et tanto. Ce 1er stage sera aussi le moment de réaffirmer la liaison entre le souffle et le geste, le relâchement et l’extension.

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La forme entre Terre et Ciel

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 49e partie et fin

posture-TerrePhotographie d’Antonin Borgeaud © 2006

La forme, kata en japonais, est ce qui est étudié, transmis, maintenu vivant. Par le kata, l’esprit d’une école, d’un fondateur et d’un génie, est passé à la génération suivante.

La forme est apprise auprès du maître, voire du Grand-maître. Elle porte son empreinte, sa manière. Elle reflète son cœur avec fidélité. Pour apprivoiser l’attention du public occidental, Noro Masamichi senseï avait nommé sa discipline « art du mouvement ». Cette approche offrait un pente plus douce vers le sommet de son art. Cependant, la facilité comporte un prix, celui du renoncement au trésor, au secret de l’expérience, bien gardé par le dragon Effort. La Belle dort de l’autre côté du roncier.

posture-shiho-nagePhotographie d’Antonin Borgeaud © 2006

J’ai approché Noro senseï avec l’intention de l’écouter et de le regarder. J’ai développé le sentiment que l’enseignant donne et que l’élève doit l’aider à donner encore. Il faut secourir le maître dans son effort de tout transvaser vers l’esprit et le corps de son élève car le risque majeur pour l’enseignant est le dépit. Pour cela, l’étudiant doit faire montre de courage, de persévérance, d’attention, d’habileté, de discernement, de raison et d’intuition. Aussi, je me suis tourné vers mon maître pour l’observer, puis pour l’examiner. Je l’ai fait en cours, je l’ai fait aussi en dehors quand je m’approchais de sa culture pour comprendre quel sens il attribuait à tel geste, telle attitude ou tel mot. J’ai cherché la signification de la leçon comme je cherche les champignons, en visant le biotope que je transposais en contexte et en références.

posture-kaeten-nagePhotographie d’Antonin Borgeaud © 2006

Je me souviens du Kaeten Nage (Yonten) qu’il exécutait en 1981. Je vois encore sa posture, la forme de son corps, la disposition de son esprit. Je possède cette mémoire au point qu’il me suffit de tourner mon esprit vers lui pour que sa forme m’apparaisse. J’ai tant travaillé ses postures de Terre et de Ciel qu’elles ont informé mon corps. Il m’arrivait de m’attacher une semaine durant à une seule posture et de la maintenir aussi longtemps que je le pouvais. J’en fis le pilier de mon étude. Les mains alors relâchent leur tension, les épaules se positionnent au plus juste, les aplombs s’empilent sur un unique point d’appui. Puis il me fallait entrer dans la technique avec en mire les positions que j’enchaînais, les liant par le souffle, par le chemin le moins dépensier en contraintes et en déséquilibres. La technique devenait au fur et à mesure de ma quête une série de formes, d’idéogrammes que je traçais d’une même respiration. Je la continuais jusque dans l’explosion du yang. Je la développais dans les 111 mouvements. Je la retrouvais depuis le salut jusque dans le vif des gestes les plus tranchants. Toujours, elle racontait la possible harmonie du fort et du faible, l’union tant espérée du clair et de l’obscur, la mise en cercle du haut et du bas.

 03-005Noro Masamichi senseï au sabre. Avec Noro senseï, la forme est le vase de mouvement, matière du souffle, recèle de puissance. Photographie d’Antonin Borgeaud © 2007

Je vois la technique comme texte de formes, comme page d’idéogrammes, comme chapelet de grains dont chacun devient à son tour le début virtuel d’un autre chapelet. La posture possède une puissance infinie qui vient de l’équilibre de toutes les forces, de leur sommation sans réduction, toutes s’exprimant et aucune n’étant contrainte. Il suffit alors d’ouvrir une porte, de lever une barrière, de lâcher une retenue pour que jaillissent une force, une eau vive, une colonne d’écume. À ce moment, surgit une forme nouvelle, une variante, un enchaînement inédit. Je voyais dans l’art de Noro Masamichi senseï une science du réceptacle qui contient pour mieux suggérer, une puissance du contenu qui recèle pour mieux livrer, un vase qui retient une lumière trop vive et qui s’offre à un éclatement joyeux. Je percevais la leçon dans un univers de formes.

IMG_0424La forme met en musique le silence. Photographie d’Antonin Borgeaud © 2007

J’invitais mon senseï au jardin japonais pour illustrer cette compréhension. Je désirais témoigner de son art selon cette vision et il y a consenti : « C’est comme le dojo de mon maître ». Il y a une profondeur dans ce retour. J’y perçois un esprit débutant, une rencontre initiale, une première initiation.

DSC01869L’évanescence et l’apogée de la forme sont les deux extrémités du mouvement. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

Fin de l’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse.

D’une même main

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 48e partie

Noro Masamichi senseï se baisse et prend une brassée imaginaire de feuilles et se relève pour les lancer au plus haut. Écartant ensuite les bras en un grand cercle, il réitère son geste face aux 3 autres horizons pour finalement revenir à sa direction initiale. D’une manière des plus simples, Noro senseï vient de livrer son message, son résumé de l’art, de la volonté de son maître, Ueshiba Moriheï senseï.

DSC01697J’admire les fleurs de cerisiers et songe à mes amis sous les sakura. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018 Lire la suite

Le jardin des songes

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 47e partie

Nous étions entourés de 3 000 pratiquants venus fêter 30 ans d’Aïkido sous l’égide de la FFAAA, fédération Française d’Aïkido et Affinitaires, et emmenés dans ce weekend de partage par le petit-fils du fondateur de l’Aïkido, Ueshiba Moriteru senseï. Parmi les maîtres invités, Noro Masamichi senseï et Tamura Nobuyoshi senseï étaient sur le tatami parmi nous à dispenser leurs conseils, à donner de leur exemple. Noro senseï passait de groupe en groupe, montrant Ikkyo ou Shiho Nage. Certains se demandaient qui pouvaient bien être ce maître japonais qu’ils n’avaient pas beaucoup vu dans les revues d’arts martiaux.

D’autres se souvenaient de leur jeunesse, des années yéyé, et retrouvaient le maître vieilli mais souriant, bien plus souriant que le terrible senseï qui les jugeait sévèrement. Dans ces années de jeunesse, certains jours, le senseï grimpait quatre à quatre l’escalier de son immeuble et tambourinait à la porte du groupe musical qui répétait en montant le son à fond et dérangeait la sérénité de son cours d’Aïkido, noble Art japonais. Il nous disait qu’il sentait bien l’artiste caché derrière la porte, attendant qu’il parte. Et il devait finalement redescendre, toujours furieux. Il  souriait en partageant l’anecdote, tout au souvenir d’Antoine, quand le bouillonnement de sa jeunesse le portait à frapper les portes.

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De la noirceur

L’évolution de Noro Masamichi senseï, une tentative d’analyse 46e partie

ForsitiaDu fond se tourner vers la forme. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

Noro Masamichi senseï prônait une étude des arts martiaux dénuée d’agressivité. Cette disposition d’esprit est nécessaire à l’entrée dans le dojo. L’étiquette oriente vers une attitude de respect et de compassion. Celui ou celle qui n’y souscrit pas ne peut pénétrer cet espace réservé à l’étude. Il ne m’a jamais semblé nécessaire d’aller plus loin dans la chasse aux sorcières. Cependant, l’exclusion de la violence en actes est rarement accompagnée par son corollaire qui est la non-violence en paroles et en pensées. Nombre de fois, je vis une personne s’abstenant de violence dans le geste mais qui restait méprisante en paroles ou en pensées. Ses mots ou ses attitudes constituaient autant de charges offensantes.

La violence en Aïkido est avant tout l’application d’une force sur une personne qui ne possède pas le niveau pour y répondre. Ce qui est violent au débutant est une gentille blague pour le maître. La mesure de l’autre, cette sensibilité des arts martiaux, est une leçon que chacun doit se dépêcher d’apprendre. Elle est écoute, regard, toucher. Il n’y a nulle manque dans la force justement appliquée, dans l’explosion de vitalité partagée avec l’autre, dans le sacre du printemps, dans l’éclat d’un geste premier.

Je distingue l’agressivité de la nécessaire ardeur au combat. Il y a des affrontements devant lesquels on ne doit reculer. J’ai des lévriers qui sont saisis d’une folie temporaire s’ils sentent la présence de quelque gibier. Il me suffit d’attendre que l’effet de leur nature profonde s’essouffle. Toutefois, ces mêmes lévriers se feront battre à mort s’ils vivent sous la dépendance d’un maître cruel, sans réagir à l’injustice, passifs dans leur propre souffrance. Je regrette à ce moment leur manque d’ardeur à combattre pour leur vie. J’ai trop souvent assisté à une confusion entre rejet de l’agressivité comme mode de communication et ardeur à combattre pour une saine cause. De cet amalgame, naissent des anathèmes à répétition à l’encontre des arts martiaux. Il s’ensuit une culture de la faiblesse qui me révulse car elle ouvre la porte à toutes les soumissions.

Une enseignante qui suivait le même maître que moi, entra un soir dans mon dojo « en attendant un rendez-vous dans le quartier » et, ostensiblement, prit la place importante pour mieux ignorer le cours qui se déroulait. Elle manifestait une indifférence affichée à un enseignement. Cette personne n’eut jamais un geste violent à mon encontre mais elle démontra le peu d’égards qu’elle avait pour la leçon que je donnais à mes élèves. Songeant à ce jour d’indélicatesse, j’éprouve plus de dégoût pour l’hypocrisie que pour la violence physique. Elle est dévoiement de toute loi, au sens bouddhique du terme.

La plus grande offense faite à l’humain est la blessure infligée à la leçon, à l’espoir de se connaître meilleur, ensemble. L’hypocrisie m’est une peine plus intense que toute douleur portée à la chair, au sentiment ou à l’esprit. Elle est véritable bannissement de l’espoir du cœur de l’offenseur, elle est souffrance pour celui qui comprend l’enjeu. Elle est exil de la lucidité. Elle est plongée dans la noirceur comme substance, comme force, comme esprit. Je rejoins les maîtres qui, plaçant la sincérité au cœur, enseignent malgré tout. Ils témoignent que du lieu le plus obscur peut germer le retour à l’unité d’intention. De cet accès à l’un, naissent le beau geste, la parole lumineuse, la pensée claire.

 

Branche de forsythia sous la neigeLe printemps vient. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

La suite : Le jardin des songes

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Hommage à l’homme

chatonCe qui est beau et juste requiert le soutien de toute notre force. Photographie de Nguyen Thanh Thiên © 2018

Au lendemain d’un attentat en France, à l’heure de la commémoration nationale en l’honneur du gendarme Arnaud Beltrame, je suis interpelé pour mon étude de la Voie martiale :

Pourquoi faites-vous des arts martiaux en temps de paix ? Quel besoin avez-vous d’étudier de telles disciplines ?

Ma réponse :

Nous devons cultiver la force ainsi que la réflexion sur son usage. Nous ne pouvons pas nous déposséder du pouvoir de faire triompher l’esprit de justice. Nous ne pouvons annoncer au faible soumis aux abus : « Désolé, je me suis désisté du devoir de force. » Face à la fureur de détruire, face à la corrosion de l’ignorance, face à la parade de la haine, nous devons étudier l’art d’affronter le conflit et œuvrer à la restauration de l’humanité, de notre communauté de destin. La Voie martiale, comme la voix de nos maîtres, oriente nos efforts et nos espoirs vers le meilleur et nous détourne du pire. Hâtons-nous de retourner au dojo.

La Voie martiale a pour projet d’étendre et d’approfondir la connaissance de nos maîtres qui est la juste manière d’entrer, de se maintenir et de sortir du conflit. Commençant par le salut et terminant par lui, nous cadrons notre pratique dans le respect porté à l’autre, à l’humain.