Ueshiba Moriheï senseï

Morihei-Ueshiba

Morihei Ueshiba (植芝 盛平, Ueshiba Morihei, 14 décembre 1883 – 26 avril 1969) est le fondateur de l’aïkido sur la base de ses études des écoles anciennes, koryu. Le but principal est de promouvoir la paix en recherchant la résolution harmonieuse du conflit. Lire plus sur Wikipedia.

Ce que je sais d’Ueshiba Moriheï senseï, je le tiens de mon maître, Noro Masamichi senseï. Noro Masamichi senseï fut un élève interne du fondateur de l’Aïkido au moment où ils n’étaient que 5. Surtout, il était son otomo, celui qui partage l’intimité du maître comme disciple-servant. Il portait les bagages, cuisinait pour lui, veillait sur son sommeil.

Noro Masamichi senseï a toujours eu pour point de mire l’enseignement de son maître. Il lui fut fidèle au point de dire : « La tradition japonaise est la fidélité. »

Nous faisons Shomen Nikyo Uchi Omote de la même manière que Shomen Ikkyo Uchi Omote. Noro Masamichi senseï expliquait qu’il n’en connaissait pas la raison mais parce que son maître faisait ainsi, il opérait de même. Dans le Ringenkaï Aïkido, nous sommes fidèles à cette manière. Nous répondons ainsi à l’exigence

Enseignez comme il vous a été enseigné !

Bien sûr, je le fais selon mes capacités et mon expérience de 45 ans d’arts martiaux.

Ueshiba Moriheï senseï est souvent dépeint comme un personnage extraordinaire, une véritable figure de légende. Noro Masamichi senseï nous a toujours fait le portrait d’un homme simple, parfois difficile au quotidien, mais auquel il était profondément attaché. Il aimait à raconter comment il lui arrivait de jouer des tours à son maître. Ainsi un soir, alors qu’il faisait chaque soir la lecture de romans de cape et d’épée à son maître et que les soirées s’éternisaient, il lui vint l’idée de lire un manga : « Paf ! Schlaff ! Pif, pouf, poiiink ! ARRRghh !… » Son maître comprit alors que son disciple n’en pouvait plus de fatigue et lui souhaita bonne nuit. Quittant la chambre, Noro senseï ouvrit la porte coulissante et découvrit accroupi sur le sol du couloir un autre disciple venu écouter en cachette ce qui pouvait bien se tramer avec des bruits si étranges. Il s’agissait de son frère d’armes, Tamura Nobuyoshi senseï. Ils étaient alors les meilleurs amis du monde.

J’aime ces histoires car elles racontent une ambiance, une atmosphère qui a présidé à la naissance d’un art et à son expansion dans le Monde et en France. Cette anecdote dit la capacité d’écoute de chacun.

Le Ringenkaï Aïkido tient pour primordial l’accès à la source des connaissances. Telle est la raison de mon retour vers Noro Masamichi senseï en 2000 après 15 ans auprès d’un de ses meilleurs élèves. Je pense qu’on ne peut agir et penser valablement que si les informations recueilllies sont de première main. En ce sens, la transmission orale et gestuelle de Noro Masamichi senseï m’ont été particulièrement précieuses.

Aujourd’hui, je rencontre mon maître dans les mouvements que je fais. Je le retrouve dans Ikkyo, comme dans Shiho Nage. Parfois, je le sens qui fronce le sourcil aux essais que je tente ; d’autres fois, il sourit à mes initiatives. Pratiquer l’art reçu est un dialogue quotidien. Pareillement, il m’arrive de sentir Ueshiba Moriheï senseï dans l’art qu’il a conçu, dans le chemin que ses techniques ont emprunté pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui.

Ce chemin est un collier, où chaque rencontre est une perle. Mon esprit oriental se cabre à l’idée que s’en font certains qui est d’un système dont on chercherait vainement le cœur. Noro Masamichi senseï parlait de son maître comme les techniques qu’il nous a laissées parlent de lui.

 

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