Nguyen senseï

L’impossible possède ses failles.
Le possible recèle maints accès.

DSC_2576Nguyen Thanh Thiên. Photographie de Nguyen Thanh Khiet © 2017

Dans l’épreuve, trouver le meilleur des autres et de soi-même.

Nguyen Thanh Thiên est né en 1962 au Vietnam de parents vietnamien et anglais, au sein d’une famille d’enseignants, de grands sportifs et d’intellectuels. Les premières années, il connut la guerre. La paix l’attendait en France. Il a étudié dans les dojos de Sarcelles, de Dammartin en Goële et de Paris. Il enseigne à Vincennes, à Saint-Brice sous Forêt, au Soleilhet (Le Pescher) et à Vielle-Aure. Il réserve son enseignement à l’étranger au dojo de John Luijten (Brunssum, Pays-bas).

Je suis arrivé en France en 1970 et je suis parvenu à la licence en Économétrie. Considérant la responsabilité de mener à bien ma vie, j’ai bifurqué vers la pratique exclusive des arts martiaux en 1984.

Je crois me souvenir que j’ai pénétré dans mon 1er dojo en 1970-1971. J’ai étudié le Judo, le Kinomichi, l’Aïkido, le Taïchi Chuan Yang et Chen puis le kenjutsu de la Hyoho Niten Ichi Ryu auprès d’Iwami soke.

J’ai commencé à étudier tôt, vers 8 ans. Je courais de la bibliothèque au dojo. Je me suis construit entre ces deux pôles.

Et parce que j’ai eu ce sentiment de dette que contracte l’étudiant, j’ai su assez rapidement que j’enseignerai les arts martiaux. Les cours que je donne, je les dois à mes maîtres et à ces auteurs que j’ai lus enfant.

Quand j’allais au cours de Noro Masamichi senseï, je regardais comme tout le monde ce qu’il montrait, mais plus encore.

Fils et petit-fils d’enseignant, j’ai toujours perçu le savoir-transmettre au cœur de la leçon donnée. Le pourquoi d’un changement de rythme, la nécessité d’une histoire bien sentie, la cause d’une feinte colère, j’observais et je retenais la manière du maître.

Fils, petit-fils et neveu de lettré, je voyais au fil des mouvements s’incarner les préceptes anciens, les exigences immémoriales.

Descendant de grands sportifs, de jockeys et d’entraineurs de chevaux de course, d’athlète du demi-fond, l’excellence du corps était un pré-requis dans ma famille.

Je fouillais le détail, je refaisais l’enchainement, je polissais le geste. L’heure travaillait pour moi et le résultat de mes efforts attendait le jour suivant ou le mois d’après, mais il m’attendait certainement. J’œuvrais en confiance.

A mi-parcours, je regarde devant moi et j’avance. J’ai pu et su cueillir la connaissance aux meilleures sources. Je suis fier des maîtres que je me suis choisi, certains excellant dans la technique et d’autres parcourant les chemins de l’esprit, parfois un pied dans les deux dimensions.

Il me faut maintenant tracer mon sentier et signer ma manière, ouvrir mon tao personnel, établir mes dojos, lancer mes élèves sur la Voie. Et un jour, peut-être tous les jours, durant le keiko ou au pied d’un arbre, rencontrer mon maître, mes maîtres.

Publicités