Du bon disciple

Noro_reportage_DragonNguyen Thanh Thien au dojo de Noro Masamichi senseï. Photographie de Pierre-Yves Bénoliel © 2006

Le Ringenkaï Aïkido œuvre à la conservation, à la  transmission et à la recherche de l’Aïkido que j’ai étudié auprès de Noro Masamichi senseï, lui-même Otomo (disicple servant) de Ueshiba Moriheï senseï, fondateur de l’Aïkido.

Je n’ai jamais désiré le meilleur enseignement. Je l’ai rencontré tout simplement. Bien sûr, il fut le meilleur pour des raisons subjectives : il me convenait. L’enseignement de Noro Masamichi senseï fut aussi objectivement le meilleur. J’entends par cette affirmation provocante qu’il était le disciple le plus proche de Ueshiba Moriheï senseï, pour sa génération en tout cas, devant des condisciples aussi formidables que Tamura Nobuyoshi senseï, devant Asaï Katsuaki senseï (qui le considérait comme son sempaï), et quelques autres qui furent uchi deshi en même temps que lui. Il fut leader pour l’Europe et l’Afrique, il était plus qu’un responsable national. Aujourd’hui, on revient vers lui comme le personnage truculent, comme un repère historique, comme une option de style d’Aïkido parmi d’autres. Il fut plus que cela, bien plus.

Noro_reportage_DragonNoro Masamichi senseï enseignant Shomen. Photographie de Pierre-Yves Bénoliel © 2006

Ce que m’a offert mon maître est avant tout l’incarnation du haut niveau de réalisation dans son art, un des plus hauts, pour moi le plus haut. J’entends aujourd’hui certains qui parlent de lui avec éloge, tout heureux qu’ils sont de leur découverte posthume. Mais pour moi, il fut un examen quotidien, une interrogation de chaque instant, une observation du détail qui condense le tout. Cependant, là n’était pas le cœur de la leçon. Ce qui m’importait avant même la leçon était l’étude, l’apprentissage du geste, l’incorporation de l’esprit manifesté. J’essayais d’être le meilleur élève possible, comme un miroir du meilleur enseignement possible.

Noro_reportage_DragonNoro Masamichi senseï devant une ancienne photo d’Ueshiba Moriheï senseï. Photographie de Pierre-Yves Bénoliel © 2006

Noro Masamichi senseï disait que lorsqu’il découvrit Ueshiba Moriheï senseï, il n’eut de cesse de devenir son chouchou. Je trouvais cela un tantinet ridicule avant de comprendre que le même souci m’animait avec des mots un peu différents. Lorsque je découvrais l’enseignement de Noro Masamichi senseï, je n’eus de cesse de devenir le meilleur élève possible. La symétrie de nos vœux respectifs dit notre proximité.

Aujourd’hui, je transmets à mes élèves l’attitude que je partageais avec mon maître, celle qui permet de recueillir au mieux sa leçon. Le Ringenkaï Aïkido est cette aventure qui veut ne rien perdre de ce qui est donné par l’exemple de nos maîtres. Il s’attache à l’élève, à son effort, à sa vigilance devant chaque détail du cours.

Quand le maître montre du doigt la lune, je regarde le maître.

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