Oser le keiko

DSCF7910Voir dans le complexe le simple, déduire du simple le complexe. Au-dessus d’Unjo An en août. Nguyen Thanh Thien @ 2016

J’ai toujours suivi l’esprit du keiko en l’ignorant comme un Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir et qui, le sachant, en fut ravi. Je fais du keiko et j’en comprends aujourd’hui l’esprit. Le keiko est l’exercice, simplement. Il est cet acte de foi qui cherche et trouve dans le simple exercice transmis, dans la technique de base, dans l’abécédaire de notre discipline, la leçon qui s’y cache. Au rendez-vous du cours, il dévoile une compréhension nouvelle et nous informe de notre progression.

Le keiko n’est pas une divagation, ni un détour, ni une énième répétition de ce qui fut entendu et rabâché. L’exercice maintenu sur la durée est la porte directe au stade suivant. Dogen disait que méditation et compréhension sont un.

Le keiko est la compréhension ; la compréhension est le keiko.

Je ne suis pas intéressé par les méthodes, nouvelles ou anciennes. Je veux avancer à partir de la leçon transmise et revenir sans cesse aux bases. Je pense que ces bases ordonnent et unifient chaque partie de l’art, qu’elles nous donnent accès à une vision de ce que voyait le maître fondateur, qu’elles nous les font partager avec lui. À certains moments du cours, à cet instant quand le keiko porte son fruit, la technique avancée et sa complexité jettent une lumière nouvelle sur l’atome du geste.

J’aime tresser et dé-tresser le simple avec le complexe tels qu’ils sont révélés par la technique.

Je suis allé voir d’autres senseïs mais je suis vite revenu à la source de mon art. J’y  gagnais certes un renouvellement de perspectives mais rapidement, j’ai couru vers mon origine, vers ce point d’appui qui ordonne le point de vue et ouvre le panorama. Mon art, le Ringenkaï Aïkido, est mon retour au départ,  à ma rencontre avec l’art de Noro Masamichi senseï et d’Ueshiba Moriheï senseï. Il est l’exploration que j’en ai faite et tous les fruits que j’y ai glanés. Je reviens vers le keiko comme au jeu de miroirs qui sondent chacun l’autre, allant vers un outre-sens, sans limite et toujours au présent.

Je m’émerveille de la richesse de ce qui a été donné et que j’ai reçu. Je plonge dans l’étude du détail et y découvre avec bonheur un reflet de l’ensemble. Le Ringenkaï Aïkido est le partage de cette joie de pratiquer.

 

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