Lié à la terre

S3-Mottart-16Photographie de Natacha Mottart © 2009

L’art du déplacement est synonyme dans la Ringenkaï de l’art de la saisie.

Les arts martiaux ont été marqués par une recherche incessante du meilleur déplacement possible. Ils prenaient en compte le type de sol, le cadre urbain ou la futaie, la surface idéalisée du dojo ou le pied de la cascade, la priorité à la vitesse ou à la puissance. Le choix de poser d’abord le talon, la pointe ou le bol du pied revenait au fondateur et à son expérience. La technique de bras ne pouvait suffire et elle devait s’appuyer sur le bénéfice d’une manière adaptée, cohérente et synergique d’avancer la jambe, de lancer le pied ou de le caler.

J’ai pour ma part opté pour une saisie du sol à l’instar de celle de la veste, du poignet ou du sabre.

DSC_3841Retour à la ruche. Nguyen Thanh Thien © 2011

Je considère que notre faiblesse est notre force. Nous avons exposé notre chair, nos veines et nos artères, nos nerfs et nos ligaments alors que notre partie dure et forte est à l’intérieur, les os bien enrobés de peau et de muscles où circulent les réseaux de sang et de lymphe. Nous révélons à la lumière notre part la plus faible. Nous avons choisi à l’opposé des insectes, des araignées et des crustacés qui se couvrent d’une carapace, d’un exosquelette.

ChatsL’attention est portée au Ashi Wasa. Nguyen Thanh Thien © 2009

Notre faiblesse a permis la sensibilité et notre organe du toucher est le plus vaste de notre corps. La peau qui nous couvre est bien fragile et pourtant, elle nous informe constamment. Nos coussinets au bout des doigts comme des orteils offrent une capacité d’information en même temps que de préhension. Comme un chat qui atterrit avec souplesse, nous posons le pied ; comme un isard qui accroche la falaise, nous marquons l’arrêt de la coupe. Il y a une continuité de l’organe, donc de la fonction et de son utilisation.

isardUne bonne prise, stable et prompte à la course. Photographie de maruca-1969

La saisie du sabre est en relation avec celle du sol.

Ceci est une marque de notre école. L’identité entre l’emploi du pied et de la main permet une plus grande unité de l’étude. Cette vision du Ashi Wasa et du Te Wasa, respectivement technique de jambe et technique de bras, est le fruit de 40 ans de recherche et j’espère qu’elle ouvre autant et plus pour l’avenir.

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