Créer son école

PAR_5151Fleur de prunier éclose hier. Nguyen Thanh Thien © 2016

Je viens de créer le Ringenkaï Aïkido, l’Aïkido de l’école Ringen. Longtemps, je n’ai pas voulu créer une école. Je pense qu’il y a suffisamment de créations d’école et pas assez de contenus originaux.

Et que je te prends une louche à gauche, une tranche à droite, un soupçon de koryu, une pincée de Maître Tofu, et hop ! V’là-ti-pas qu’elle est belle ma création !

Je préfère l’étude à l’enseignement. L’étude nourrit l’enseignement et les années de pratique nourrissent l’étude. On peut accélérer l’élaboration d’un enseignement mais ce dernier risque d’avoir le vernis un peu fin à la première pluie.

Je préfère que l’art soit transmis de façon traditionnelle et que le successeur légitime perpétue la discipline. Pour l’art de Noro Masamichi senseï, je reconnais pleinement Noro Takeharu senseï comme le successeur légitimé par son père, Noro Masamichi senseï. La seule volonté de Noro Masamichi senseï fut toujours d’être fidèle à Ueshiba Moriheï senseï. En créant la Ringenkaï, je suis fidèle à la volonté de Noro Masamichi senseï. Il est du devoir de ses élèves de trouver leur voie. Le nom de son art est l’héritage de son fils Takeharu. Noro Masamichi senseï m’avait dit :

N’aie jamais l’esprit mendiant !

Ce conseil filial, je le suis. Je ne reste pas dans le sillon de Noro Masamichi senseï comme on peut s’accrocher à une rente de situation. Je préfère l’aventure de la création d’une école. Pour cela, j’ai mûri le sens de ma pratique. Et j’ai attendu le jour du 3e anniversaire de son départ.

Si j’ai créé la Ringenkaï, c’est pour répondre à trois objectifs.

Le premier est que j’ai connu l’évolution de Noro Masamichi senseï depuis 1980. Ce chemin de 30 ans est mon sujet d’étude.

Le second point est que mes propres élèves et le public ne peuvent comprendre l’originalité de cette démarche si je ne la nomme pas.

Troisièmement, cette création autorise la clarté de nos positions, celle de  Noro Takeharu senseï et la mienne.

J’avance dans la clarté, c’est mon goût. Clarté que je nomme lucidité.

Les circonstances expliquent aussi le moment. Ces 15 dernières années, j’ai répondu à mon maître en kenjutsu, Iwami soke, qui me demandait en 2002 de l’aider à développer son école en Europe par un 1er stage, organisé finalement en 2004. J’ai beaucoup travaillé pour remplir mes objectifs. Les dojos se sont ouverts dans toute l’Europe, en Amérique du Sud et depuis peu un groupe s’est constitué au Bénin. Je considère que j’ai honoré la demande de mon maître et payé un peu ma dette envers lui. Je me devais de réussir et j’ai réussi : Hyoho Niten Ichi Ryu avance dans sa diffusion. Il revient aux élèves européens aujourd’hui de progresser dans la qualité de leur pratique et, même si je leur prodigue mes encouragements,  je n’ai pas à intervenir. Je continue par contre à le faire pour les élèves français.

Je peux maintenant réserver du temps et de l’énergie à l’autre devoir qui m’est échu le jour où j’ai pénétré le dojo de Noro Masamichi senseï.

Chaque fois que Noro Masamichi senseï me montrait un mouvement, clarifiait un geste et corrigeait une attitude, il semait en moi une promesse que je me devais d’accomplir. Le temps est venu, celui du Ringenkaï Aïkido. Le samouraï se devait de survivre, le pratiquant d’arts martiaux se doit de réussir.

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